Les Echinodermes (Astéries, Ophiures, Crinoïdes, Echinides, Holothuries)
INTRODUCTION
Je ne puis dans cet ouvrage essentiellement descriptif m'étendre sur les caractères généraux des Echinodermes : le petit nombre de pages dont je dispose me l'interdit formellement. Il existe d'ailleurs des publications où le lecteur trouvera des renseignements détaillés sur cet embranchement : je le renvoie au Traité de Zoologie concrète, de DELAGE et Hérouard (vol. III) et au Traité d'Anatomie comparée de LANG (vol, II) ; je me contenterai de rappeler ici les points qu'il est indispensable de connaitre pour la détermination des Echinodermes. C'est aussi pour ne pas surcharger le texte que j'ai du être très sobre d'indications bibliographiques : je me suis borné à mentionner les mémoires dans lesquels le lecteur trouvera une des¬cription ou des dessins de l'espèce étudiée. En ce qui concerne ces indications elles-mêmes, on les trouvera principalement dans les Mémoires d'AGASSIZ (1872-74), de LUDWIG (1879 et 1897), de BILL (1892), de MORTENSEN. (1903), de DELAGE et HEROUARD (1903), de KOEHLER (1909), dont les références se trouvent à la fin de cet ouvrage.
1° MORPHOLOGIE
Les Echinodermes constituent l'un des groupes les mieux caractérisés du règne animal, et ils se reconnaissent à première vue. Indépendamment d'autres particularités de leur organisation, ils présentent avant tout trois caractères essentiels : ils offrent une symétrie pentaradiée, ils possèdent un squelette externe formé de nombreuses plaques calcaires, et enfin ils présentent un appareil très particulier qui n'existe dans aucun autre groupe du règne animal, l'appareil aquifère. Examinons rapidement ces principaux caractères.
On sait que chez les Coelentérés, les « antimères » sont disposés autour de la bouche au nombre de 4 ou de 6 (ou d'un multiple de ces chiffres); chez les Echinodermes (fig. 1), ces antimères sout au nombre de 5 : les Astéries et les Ophiures ont5 bras ordinairement simples (c), les Crinoïdes ont 5 bras ramifiés (d); les Echinides (b) et les Holothuries (a) sont comparables a tine sphère ou a tin cylindre avec 5 bandes correspondant a 5 demi-méridiens de la sphère on a 5 génératrices du cylindre, et renfermant chacune les mêmes organes. On est convenu d'appeler radius les 5 plans verticaux passant par le milieu des antimères et qui renferment un certain nombre d'organes importants, et interradius les 5 plans intermédiaires renfermant d'autres organes moins nombreux. Les radius correspondent p. ex. aux 5 bras des Astéries.
1. — Schéma indiquant les positions respectives d'Echinodermes vivants (ligne supérieure) Holothuries (a), Oursins (b), Astéries (c) et Crinoïdes (d) ; et leurs positions morphologiques correspondantes (ligne inférieure); o, bouche; a, anus; d'après LANG.
Le squelette apparait de très bonne heure chez la larve sous forme de plaques calcaires fenêtrées, à réseau délicat, qui prennent naissance dans le derme et grossissent peu à peu ; puis elles se réunissent solidement les unes aux autres pour former une sorte de carapace dure et résistante, le « test ». Toutefois, chez les Holothuries, le squelette dermique de l'adulte conserve un état embryonnaire ; les plaques calcaires restent isolées les unes des autres et leurs dimensions sont très réduites : on les appelle des « sclérites»; il y a cependant diverses Holothuries chez lesquelles ces plaques deviennent assez grandes, comme chez quelques Cucumaria de nos mers (C. elongatas, C. tergestina, p. ex.) et surtout dans le genre Psolus. Parmi les plaques du squelette des autres Echinodermes, quelques-unes se font remarquer par leur constance et leur arrangement régulier (fig. 2); elles apparaissent au pôle opposé à la bouche et constituent un ensemble ou appareil apical, qui marque le pôle aboral, lequel est généralement dorsal, tandis que la bouche par définition occupe le pôle oral qui est généralement ventral.
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